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Une toile de Renaudin représentant « la Martyre » vendue aux enchères
Publié le mardi 21 décembre 2021

A quelques jours de la trêve des confiseurs, une magnifique vente de mobilier et d’objets d’art s’est déroulée à Nancy, boulevard Albert 1er, chez Alexandre Landre. Parmi les différents lots figurait une œuvre d’Alfred Renaudin représentant Gerbéviller, la martyre.
De format classique 50 x 84 cm, en plus de sa signature en bas à droite, l’artiste-peintre a ajouté ce commentaire : « Gerbéviller, incendiée par les Allemands le 24 août 1914 ». Peinte en 1915, soit quelques mois après la tragédie, cette thématique a beaucoup inspiré Alfred Renaudin. Comme nombre de ses contemporains composant cette « armée de l’art », le maître a immortalisé ces scènes de désolation et de chaos. A ce jour, l’association « Les Amis d’Alfred Renaudin » a recensé plus d’une vingtaine de toiles, de formats différents, autour de cette vision apocalyptique.
Parmi elles, certaines sont quasi similaires à cette dernière notamment une toile conservée au château de Lunéville et une autre offerte à la mairie de Gerbéviller par la princesse Gabrielle d’Arenberg en 2017. Sur celle-ci, Renaudin précisait également au dos de la toile : « au centre, une maisonnette négligée par les incendiaires et protégée des bombardements par l’église, sert d’abri aux propriétaires des ruines ». L’huile sur toile, malgré cette scène d’horreur, est remplie d’éléments propices à l’espoir. La fillette sortant de l’abri et placée au centre, est source d’avenir dans cette vie qui continue malgré tout ce désordre. La couleur ocre, qui domine la toile, apporte une certaine lumière à la noirceur évoqué par l’événement, rehaussé d’un ciel bleu nuageux. L’estimation du commissaire-priseur était comprise entre 1 400 et 1 600 €. Le lot a été adjugé à 4 700 € au coup de marteau final des enchères.
Olivier BENA
Une affiche d’exposition d’Alfred Renaudin vendue aux enchères
Publié le lundi 20 décembre 2021
Pour la deuxième fois cette année, un lot concernant Alfred Renaudin a été vendu au Luxembourg. La maison de ventes aux enchères « Goldfield Auction », située à Steinfort, a proposé un magnifique catalogue de collection d’Europe et d’Asie composé de 425 lots. Il s’agit d’une affiche préparatoire à une exposition de peintures de paysages réalisée par Alfred Renaudin lui-même, donnant à l’objet un caractère assez inédit et unique en soit.
Conservée dans un état quasi parfait, notamment par sa préservation dans un cadre, le dessin sans cadre est de format 70 X 100 cm. L’auteur y a précisé les dates d’exposition comprise entre le « 15 et le 29 décembre 1932 » mais sans y indiquer le lieu précis d’exposition. Il ajoute quelques sites peints comme Avricourt, Grasse (où son épouse allait en cure), Coulommiers (en région parisienne) et Prény, proche de Pont-à-Mousson. Le dessin soigné à la mine de crayon représente une vue de l’entrée du château fort médiéval de Prény. Cette thématique a fait l’objet d’envois de toiles au salon des artistes français de Paris en 1931 et 1932. Une vue de Prény a d’ailleurs été vendue aux enchères à Nabécor en avril dernier pour 2 000 €. Estimée entre 300 et 600 €, l’affiche a été adjugée à 600 € (par téléphone).
Olivier BENA

Les Amis d’Alfred Renaudin acquièrent une toile représentant le château
Publié le mercredi 01 décembre 2021
A l’occasion d’une vente aux enchères à l’hôtel des ventes Giraudeau à Tours, une toile, de format 24 X 35 cm, signée A Renaudin, datant de 1890, figurait parmi les très nombreux lots. Sans titre, elle a été notée « ruines » par l’expert de la vente. Mais pour les autochtones du secteur, ce sont bien les ruines du château de Blâmont qu’a voulu représenter l’artiste-peintre. L’association « Les Amis d’Alfred Renaudin », très intéressée par la toile s’est placée sur les rangs en déposant un ordre de vente de 2 000 €. Avec chance, malgré une enchère répétée en salle, elle a pu conclure l’affaire au prix marteau de 1 200 €, sans les frais d’adjudication et de transport. La toile avait été estimée entre 150 et 200 €. Désormais, l’œuvre apportée par son propriétaire lors d’une journée d’expertise et retrouvée comme un trésor de grenier va regagner la Lorraine. En raison de quelques accidents liés au temps principalement, elle passera d’abord entre les mains d’or de Pierre Harcos à Nancy pour un nettoyage, une restauration et un encadrement. L’objectif final de l’association serait un dépôt de l’œuvre à l’hôtel de ville de Blâmont pour le plus grand plaisir de tous, Blâmontois ou non. Même si elle n’apporte rien de nouveau sur la connaissance historique et physique du château puisqu’elle ressemble de près à une ancienne carte postale, la toile est de nouveau un témoignage en couleurs de cet amoureux des vieilles pierres qu’était Alfred Renaudin même dans ses jeunes années. Pour mémoire il existe d’autres toiles référencées représentant sous différents œuvres la clef de voûte de Blâmont.
L’association possède désormais 3 œuvres acquises grâce à la générosité de ses adhérents.
Olivier BENA
« Une matinée d’été à Lavaudieu » d’A. Renaudin vendue aux enchères
Publié le lundi 22 novembre 2021
A quelques jours de la St André, une œuvre d’Alfred Renaudin, représentant l’abbaye de Lavaudieu, a été vendue aux enchères à Howald au Luxembourg par la maison de vente Kanerz Art Luxembourg. Issu de la collection privée d’un expatrié, le tableau est de format classique, 46 X 61 cm. L’huile sur toile est signée en bas à droite et annotée « Lavaudieu 1918 ». Son excellent état a permis une estimation par le commissaire-priseur entre 1 800 et 2 200 €. L’affaire s’est conclue à 1 800 € au coup de marteau.
Au bord de la Senouire, dans un écrin de prairies et de pentes boisées, se niche le village de Lavaudieu qui mérite le label de "plus beau village de France" et dont le charme ne manque pas d’enchanter les visiteurs. Son abbaye, fondée en 1057 par St Robert, le fondateur de La Chaise-Dieu, a accueilli des moniales bénédictines jusqu’à la Révolution. Il en subsiste essentiellement le cloître roman, unique en Auvergne, et le réfectoire, orné d’une grande fresque d’influence byzantine du 12ème siècle, et abritant un christ roman d’une émouvante beauté. L’église recèle aussi un remarquable ensemble de peintures murales de l’Ecole Italienne du 16ème siècle : scènes de la Passion, unique et très curieuse allégorie de la Mort Noire.
C’est sans doute pour toutes ces raisons que Renaudin a dû être subjugué par ces lieux pittoresques à son arrivée en Auvergne pour se réfugier à la fin de la Grande Guerre. Il y installe ainsi à plusieurs reprises son chevalet pour faire ressortir la splendeur et les lumières de ce joyau patrimonial qu’entretient avec ténacité l’association Vallis Dei. En 1925, la seule toile envoyée par l’artiste au Salon des Artistes français est une représentation de l’abbaye.
Vallis Dei, via son depuis président d’honneur, Daniel Bailly, est en lien depuis plus de 10 ans avec Olivier Béna, avant même la constitution de l’association des Amis d’A. Renaudin. C’est ainsi qu’en 2012, des contacts avec une commissaire-priseur ont permis l’acquisition d’une toile semblable à cette dernière et datée de 1925, pouvant être celle du salon ? Tout récemment, une œuvre représentant le splendide cloitre (exposée en 2015 à Lunéville et reproduite dans les deux ouvrages d’exposition) de 1918 a été également acquise au prix de 4 500 €. Elles sont exposées dans le petit musée de Lavaudieu dont l’association a la charge. Une 3ème toile appartenant à un collectionneur privé a été exposée à Toul il y a quelques mois et illustre l’une des pages du magnifique livre Alfred Renaudin (1866-1944), toujours en vente auprès de l’association.
Olivier BENA
Lien : association Vallis Dei - les Amis de Lavaudieu: http://www.abbayedelavaudieu.fr/

La toile représentant Lavaudieu a été adjugée à 1 800 €
ART : Alfred Renaudin s’éteignait il y a 77 ans
Publié le dimanche 07 novembre 2021
Auteur : Olivier BENA
Dans la nuit du 9 au 10 mai 1940, une des premières bombes tombées sur Nancy échoue sur l’arrière de la villa Ambiel, rue Pasteur, où se situe également l’atelier du maître. La famille Renaudin quitte la Lorraine pour rejoindre Fontannes en Haute-Loire, où ils avaient été si bien accueillis à la fin de la Grande Guerre.
Le 23 mai 1940, son gendre, Jean Biet, lieutenant du 43ème régiment d’infanterie coloniale, meurt pour la France à Sedan à 31 ans. La famille avait été également endeuillée avant leur départ précipité par le décès de Mme Zeller le 2 février 1940. Renaudin trouve consolation dans son art et dans l’affection des siens qui l’entourent notamment grâce à la venue au monde de son petit-fils, Jean-François.
Son atelier auvergnat est une modeste grange attenante à la ferme où il habite. Le feu qui a marqué sa vie vient le frapper une ultime fois lorsque le 3 novembre 1942, en fin de soirée, le foin et la paille s’embrasent laissant réduit à néant son univers et cet endroit de création. Tout le labeur produit sur place est détruit de même que toutes les toiles précieuses sauvées lors du bombardement nancéen. C’est le travail de plusieurs années et le meilleur de toute une vie qui partent en fumée ! Très affecté de ces pertes inestimables et irréparables, il accepte l’épreuve comme celles déjà traversées auparavant avec un courage extraordinaire. La seule chose qui selon lui permet de combler ce vide, c’est de travailler davantage. Il reprend de plus belle et continue ses longues et nombreuses séances de peinture en plein air.
Tout s’arrête brusquement lorsque le 7 novembre 1944, à 11h30, alors qu’il s’apprête à terminer une toile aux bords de l’Allier. Il est subitement terrassé par un malaise et s’éteint sans même pouvoir prononcer un seul dernier mot. Il est inhumé provisoirement dans le petit cimetière du village avant que sa dépouille ne puisse être transférée, mi-août 1946, dans le caveau familial Zeller, situé dans le cimetière du bas de Val-et-Châtillon. Son désir, qui était de mourir sans subir la déchéance physique ou morale, a été ainsi réalisé. Il est à présumer que la providence pour laquelle il avait foi lui a offert dans le paradis des peintres une place de grand choix.
Aujourd’hui, 77 ans après sa disparition, l’association « Les Amis d’Alfred Renaudin » perpétue sa mémoire et son œuvre pour une plus juste reconnaissance de son talent au Panthéon des grands artistes. Chaque année, la tombe familiale est entretenue par une membre bénévole et fleurie au moment de la Toussaint, proche de sa date anniversaire de décès.
Olivier BENA

A. Renaudin repose auprès de son épouse et de ses 4 filles.