Val-et-Châtillon

Accueil Contact Liens Recherche

Nouvelles

Flux RSS

Il y a 75 ans disparaissait Alfred Renaudin

Publié le jeudi 07 novembre 2019

Dans la nuit du 9 au 10 mai 1940, une des premières bombes tombées sur Nancy échoue sur la villa Ambiel, rue Pasteur, qui est partiellement dévastée ainsi que l’atelier du maître. La famille Renaudin quitte la Lorraine pour rejoindre l’Auvergne, à Fontannes, où ils avaient été si bien accueillis à la fin de la Grande Guerre.

Le 23 mai 1940, son gendre, Jean Biet, lieutenant du 43ème régiment d’infanterie coloniale, meurt pour la France à Sedan à l’âge de 31 ans. La famille avait été également endeuillée avant leur départ précipité par le décès de Mme Zeller le 2 février 1940. Alfred Renaudin trouve consolation dans son art et dans l’affection des siens qui l’entourent notamment à la venue au monde de son petit-fils, Jean-François.

Son atelier auvergnat est une modeste grange attenante à la ferme où il habite. Le feu qui a marqué sa vie vient le frapper une ultime fois lorsqu’une nuit, le foin et la paille s’embrasent laissant réduit à néant son univers et cet endroit de création. Tout le labeur produit sur place est détruit de même que toutes les toiles précieuses qui avaient été sauvées du bombardement nancéen. C’est le travail de plusieurs années et le meilleur de toute une vie qui furent réduits en cendres ! Très affecté de ces pertes inestimables et irréparables, il accepta l’épreuve comme celles qu’il avait déjà traversées auparavant avec un courage extraordinaire. La seule chose qui selon lui permettait de combler ce vide, c’était de travailler davantage. Il reprit de plus belle et continua ses longues et nombreuses séances de peinture en plein air.

Tout s’arrêta brusquement lorsque le 7 novembre 1944, à 11h30, alors qu’il s’apprêtait à terminer une toile aux bords de l’Allier. Il fut soudainement terrassé par un malaise et s’éteignit sans même pouvoir prononcer un seul dernier mot. Il fut inhumé provisoirement dans le petit cimetière du village avant que sa dépouille ne puisse être transférée, mi-août 1946, dans le caveau familial Zeller, située dans le cimetière du bas de Val-et-Châtillon. Son désir, qui était de mourir sans subir la déchéance physique ou morale, a été ainsi réalisé. Il est à présumer que la providence pour laquelle il avait foi lui aura offert dans le paradis des peintres une place de grand choix.

Aujourd’hui, 75 ans après sa disparition, l’association « Les Amis d’Alfred Renaudin » perpétue sa mémoire et son œuvre pour une plus juste reconnaissance de son talent au Panthéon des grands artistes.

Olivier BENA


Acte de décès d’Alfred Renaudin


up Haut de page