Il y a 40 ans : l’éboulement de rochers à la sortie du village
Publié le mercredi 20 février 2019
Auteur : Olivier Béna
D’après les archives de L’Est Républicain - février 1979.
Il y a tout juste 40 ans, le samedi 10 février 1979, en soirée, se sont détachés deux blocs de rocher importants à la sortie de la localité, au carrefour qui conduit vers Saint-Sauveur et Badonviller. Le plus petit d’une vingtaine de tonnes a suffi à barrer la route départementale à tout véhicule durant deux jours. Le plus gros, dépassant largement les 300 tonnes, se fixa sur le bas-côté de la route.

Fort heureusement, il n’y eut aucune victime humaine mais uniquement la destruction du chalet abribus se trouvant à proximité. Seul un cycliste passant quelques instants auparavant aura à se retourner pour être témoin de l’éboulement.

D’autre part, la maison située en face du point de chute avait été évacuée. Les pompiers rendus sur les lieux ne purent pas détacher de la paroi une partie du rocher restant dangereuse malgré l’emploi d’une lance puissante.
Le rapport alarmant d’un géologue présenté au maire de l’époque, François Romary, conclut à la nécessité de faire tomber une partie de la falaise, environ 500 m3, sous peine de voir ces pierres tomber à leur tour sur le village.
Pour sécuriser le site, les rochers menaçants sont tombés sous les coups de boutoir du groupe des 22 hommes issus du génie du 2ème régiment de Metz. Dans un rayon de 100m, tous les riverains avaient été invités à quitter leur domicile le temps des opérations. Ce n’est pas un procédé par dynamitage qui a été mis en œuvre mais un tirage avec des câbles. Le dispositif a pris 3h de préparation car il fallait d’abord creuser une tranchée à l’arrière du rocher. Les pompiers étaient assurés au moyen de cordes, à la manière d’alpinistes. Un câble était hissé au sommet et la tête du rocher prise dans une boucle.

Les sapeurs hissent le câbles. Au sommet, un travail méticuleux.
En contrebas, un engin tracteur avait à peine tendu ce dernier qu’à la surprise générale, une masse de 300t s’effondra comme un château de cartes ! L’entreprise continua dans la journée pour une masse beaucoup moins importante.

De nombreux villageois ont suivi l’ensemble des événements avec intérêt et stupéfaction. Quelques jours plus tard, un vin d’honneur offert par la Municipalité permit de remercier ces jeunes militaires de leurs services.
Olivier BENA
Situation actuelle des roches du village :
Depuis ces événements, l’État a diligenté une analyse sur les roches du village présentant des caractéristiques voisines (Grande Rue, Jean-Mariotte, Martinchamps).
A chaque vente de maisons, un avis sur les dangers d’inondation, d’érosion des terrains rocheux, se référant aux dossiers « étude hydromorphologique de la Vezouze, étude des roches » est fourni lors des demandes de notaires. Ils sont, par ailleurs, consultables en mairie par les particuliers.
Une analyse du BRGM, datant de 2016, a été réalisée sur les roches derrière les Cités de Cirey, qui n’avaient pas été répertoriées dans le dossier, des petits éboulements ayant alerté les habitants.
C’est un cas complexe, sur des terrains privés, concernant deux rues. Les problèmes sont en cours d’étude. Des entreprises spécialisées ont été sollicitées pour des devis de travaux curatifs immédiats et de protection à l’avenir.
Josiane TALLOTTE