Impro et jazz contre les discriminations
Publié le mercredi 12 octobre 2016
Auteur : Olivier BENA
A l’occasion de la semaine de lutte contre les discriminations « Egalité, Fraternité, Agissez ! », coordonnée par le Conseil Départemental de Meurthe-et-Moselle et en partenariat avec l’association du Village à Bascule, la salle des fêtes a accueilli le temps d’une fin d’après-midi une des 50 actions mises en œuvre afin de fêter la 10ème édition de l’opération. Près de 79 spectateurs des plus petits aux plus grands se sont régalés.
L’objectif est de mettre en lumière les initiatives et les projets portés par des associations, établissements scolaires, collectivités ou autres à lutter contre toute forme de discrimination quelle qu’elle soit. C’est surtout un enjeu de sensibilisation, d’information, de compréhension, d’échange pour mieux agir qui est visé.
La soirée s’est déroulée en deux temps. Le premier était consacré à un théâtre d’improvisation conduit par la compagnie « Crache-Texte » sous la thématique « Liberté d’expression … toi-même ». Les deux comédiens se sont nourris des idées des spectateurs afin de composer leur intervention. Ils ont d’abord commencé par une scène où 16 mots donnés par le public devaient être intégrés dans les dialogues. Pas facile d’établir des connexions logiques entre des termes comme compassion, biscornu ou encore cornegidouille ! Puis ils ont transposé de manière comique des histoires à partir de situations vécues dans la scolarité ou la vie professionnelle de deux volontaires croisant même au final les séquences hilarantes. Enfin, à l’entrée, chacun avait pu poser dans un chapeau des expressions provenant du champ lexical de la discrimination. Dans une joute verbale déjantée, les mots ont fusé de toutes parts faisant voler en l’air les petits papiers au fur et à mesure de l’avancée du scénario ; ne restait plus que l’étiquette 70 € polyester du chapeau concluant de manière inattendue la partie.
Puis dans un style diamétralement opposé, le groupe Mathieu Loigerot Trio (contrebasse, guitare, batterie et chant) a interprété quelques airs du répertoire du jazz américain des années 1950 à travers des crooners comme Nat King Cole et Frank Sinatra. Le chanteur a également délivré quelques anecdotes sur cette époque où la ségrégation raciale envers les personnes de couleur noire était à son paroxysme. C’est ainsi par exemple que des clients blancs d’un hôtel ont exigé que l’eau de la piscine soit changée car Nat King Cole s’y était baigné quelques instants auparavant. Bien que pleine de messages politiques, les paroles des crooners sont uniquement colorées du thème de l’amour. En France, c’est Sacha Distel qui incarnait le mieux cette époque reprenant même des standards américains à son compte. Un verre de l’amitié a conclu la soirée.
Olivier BENA
Crédits photos : Isabelle ACREMENT